Caserne de Bonne : EELV Grenoble s’indigne de la constrution d’un hôtel 4 étoiles dans un parc public

Dans un parc public, la majorité socialiste-modem a décidé de détruire 1300 m2 de pelouse et d’arbres. DOMMAGE ! Dans le projet initial porté dans le précédent mandat par les élus écologistes prévoyait un « équipement public structurant » : bibliothèque, salle de quartier, médiathèque, etc.

L’adjoint à l’urbanisme (MoDem), sans concertation avec les habitants, a préféré vendre ce terrain à « SAS Vinci Immobilier » pour un hôtel de luxe 4 étoiles de 26 mètres de haut. Pourtant Grenoble, en sur-capacité hôtelière, n’a pas besoin de palace. Arrêtons de bétonner les espaces verts de cette ville. Il y a tellement mieux à faire ! Explication en image par Christine Garnier, ancienne élue écologiste et Enzo Lesourt, porte parole.

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Ici notre communiqué :

Hôtel 4 étoiles à la Caserne de Bonne : agir pour le bien-être des grenoblois-e-s, ou pour le confort des classes d’affaires ?

L’éco-quartier de la Caserne de Bonne, porté par les éluEs écologistes, dont Pierre Kermen adjoint à l’urbanisme durant le mandat municipal 2001-2008, contenait une promesse : pour une qualité de vie durable, un quartier doit mêler habitat agréable, mixité des populations, petit commerce et économie de proximité utiles aux habitants, lieux de partage (parcs, places, équipements culturels, cafés …), espaces de respiration et de nature, … Cette équation vertueuse fut concrétisée avec 900 logements familiaux dont 40 % en locatif social et avec de très hautes performances énergétiques, une résidence pour les personnes âgées (80 chambres), 2 résidences étudiantes (200 lits), une école primaire de 15 classes, un cinéma d’arts et d’essais de 3 salles, une galerie marchande (initialement prévue pour accueillir le commerce grenoblois), une place de la voiture réduite au strict nécessaire, 3 parcs avec des jeux pour les enfants et des terrains de sport …

Bien sûr, on ne peut créer un quartier « de toute pièce » en quelques années. C’est sur le temps long que s’installent des harmonies entre habitants, urbanisme et activités. Ce seront les traces et aménagements laissés par plusieurs générations d’habitants qui donneront son âme au nouveau quartier de Bonne. A noter que là où trop souvent les architectes préfèrent faire table rase du passé, plusieurs anciens bâtiments de l’ancienne caserne ont pu être conservés, rénovés et transformés en logements. L’écho immédiat, dans toute l’Europe, de ce nouveau quartier a prouvé que les vieilles oppositions entre cohésion sociale, activités économique et respect de l’environnement peuvent être dépassées à condition de trouver les bons équilibres.

Malheureusement, les grenoblois n’en finissent pas de subir le revirement idéologique que Michel Destot et sa majorité ont opéré lors des élections municipales de 2008. Confier l’urbanisme à un membre du MoDem, ancien RPR, était un triste symbole qui s’est traduit par un remodelage néfaste de notre ville. Comme d’autres quartiers, la Caserne de Bonne n’a pas été épargnée : petites touches par petites touches, une partie du projet initial a été détricoté au profit d’une vision aseptisée et « bling-bling » de l’habitat déconnectée des vrais besoins des grenoblois. Déjà dans le précédent mandat les écologistes avaient du se battre pour imposer un taux important de logement sociaux (40%). Depuis 2008, les magasins de la galerie commerciale ont tous été cédés à de grandes franchises nationales écrasant un peu plus le commerce local.

Cette dérive se poursuit en ce moment même en plein parc Hoche, avec la construction d’un hôtel de luxe de 26 mètres de haut, pour le tourisme d’affaires (opération confiée à la multinationale VINCI) et alors que le projet écologiste initial réservait ce terrain à un « équipement public structurant » à définir avec les habitants : médiathèque, maison de quartier, etc. Par ailleurs, une étude de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) et la ville de Grenoble démontre que notre ville dispose déjà d’une offre largement suffisante pour l’hôtellerie d’affaire (à titre d’exemple, les locaux du Stade des Alpes, prévus pour les salons professionnels, restent vides depuis leur construction).

Pourtant, tous ceux qui veulent tourner Grenoble vers l’avenir savent que notre ville doit faire face à deux défis essentiels :

–         Guérir les fractures sociales qui morcellent notre territoire et isolent toujours plus de quartiers. Rappelons que 23% de la population grenobloise vit en dessous du seuil de pauvreté (980 € par mois), contre 13% en moyenne dans le reste de la France.

–         Faire de Grenoble une ville à vivre, et plus seulement une ville d’étape, de tourisme d’affaire et de salons commerciaux. Une ville qui a compris l’intérêt de réconcilier vie de quartier, vie économique et équilibres environnementaux.

N’en déplaise au Maire sortant, Grenoble n’est pas New-York ! Notre ville a besoin d’une plus grande cohésion sociale dans ses quartiers et entre ses quartiers, pas d’hôtel de luxe !

Dans le quartier de Bonne comme à l’Esplanade, nous refusons les dérives et délires qui construisent une ville fracturée et froide. Inspirés par nos rencontres avec toutes celles et tous ceux qui font vivre Grenoble, nous portons le projet d’un urbanisme enraciné dans les besoins de notre ville et tourné vers le bien-vivre de l’ensemble de ses habitants.

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