Ondes électromagnétiques : il faut rendre publique l’expérimentation grenobloise

L’Assemblée nationale a examiné ce jeudi 31 janvier 2013, sur proposition du groupe écologiste, une loi relative à l’application du principe de précaution aux risques résultant des ondes électromagnétiques. Malheureusement, le texte a subi lors de son examen en commission de lourdes modifications, qui l’ont vidée de sa substance. Les députés écologistes (soutenus par les groupes radicaux de gauche et le Front de Gauche) ont défendu en séance le rétablissement des dispositions supprimées. Mais le groupe socialiste a préféré enterrer le débat avec un artifice parlementaire permettant de renvoyer la loi aux calendes grecques.

De plus, EELV exprime son étonnement après les déclarations de la Ministre de l’économie numérique renvoyant à des « peurs irrationnelles » le débat sur les risques sanitaires de l’exposition aux ondes électromagnétiques. Les mots de Mme Pellerin rappellent ceux qu’on pouvait entendre, il y a encore peu, sur les dangers de l’amiante ou, plus récemment encore, du Mediator. La répétition des scandales de santé publique ces dernières années, ce qu’ils ont révélé du poids des lobbies, ce que les dérèglements et les aveuglements ont gâché de la vie des victimes : tout cela devrait inciter les responsables politiques à davantage de modestie et de prudence.

Depuis 2009, la ville de Grenoble fait partie des villes qui expérimentent de façon intéressante (notamment dans le quartier de la Villeneuve) un abaissement des valeurs limites d’exposition. A l’heure où la proposition de loi écologiste est sérieusement compromise, on apprend par voie de presse que l’expérimentation grenobloise est susceptible d’être annulée et réinitialisée alors qu’elle montrerait qu’il est possible d’abaisser l’exposition du public à 0,6 V/m (considéré comme un seuil de précaution acceptable par plusieurs études scientifiques, contre 41 V/m autorisés aujourd’hui) à condition de multiplier le nombre d’antennes-relais par 1,6. Certes, cela nécessiterait des investissements et donc des dépenses supplémentaires pour les opérateurs.

EELV Grenoble fait part de sa vive inquiétude quand au devenir de cette expérimentation et a demandé par écrit au Maire de Grenoble et à François Brottes (président du Comité Opérationnel National mis en place après le Grenelle des Ondes en 2009) que les résultats de ces trois années d’expérimentation locale soient intégralement rendus publics. Nous prendrons toutes les initiatives nécessaires en ce sens.

Pour EELV Grenoble,
Enzo Lesourt, porte-parole

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