Plan de déplacement urbain de l’agglomération grenobloise : Distribuer des masques à gaz ou tourner notre ville vers l’avenir, il faut choisir !

Vendredi 23 novembre 2012 un événement essentiel est passé quasiment inaperçu. Le cross des écoles 2012 de Grenoble a été annulé… pour cause d’alerte à la pollution. Ainsi, on a dit à 3 000 enfants (113 classes de CE2, CM2 et CM2) et à autant de familles : « vous habitez dans une ville tellement polluée qu’il est préférable de ne pas faire de sport aujourd’hui » ! L’année dernière, fin novembre 2011, même chose : 4 800 collégiens et lycéens avaient subi l’annulation du cross départemental pour cause de dépassement de 20 jours du seuil de pollution aux particules. Ces mesures sanitaires de l’inspection d’académie, s’appuyant sur les analyses d’Air Rhône-Alpes, sont courageuses, nécessaires et révélatrices d’une situation gravissime qui ne peut plus durer.

Les impacts des pollutions atmosphériques sur la santé sont désormais connus et quantifiés : aggravation et augmentation des maladies cardio-pulmonaire, cardio-vasculaires, cancer du poumon, infarctus du myocarde, broncho-pneumopathie, asthme, etc. D’après une récente étude menée à l’échelle européenne par l’institut de veille sanitaire, le simple respect des normes de l’OMS permettrait, en France pour les seules particules fines (PM2,5) d’augmenter l’espérance de vie de 3,6 à 7,5 mois selon la ville, ce qui équivaut à différer près de 3 000 décès par an !

A l’heure où les projets irresponsables d’élargissement à 2×3 voies de l’A480 et de relance de l’A51 refont surface, EELV GRENOBLE réaffirme l’urgence de tourner notre ville vers l’avenir : transport ferroviaire de proximité,vélo, transports en commun, etc. Car cette pollution atmosphérique n’est pas une fatalité ! Le principe de précaution doit être la boussole de l’action publique, et non la caution éthique d’un système qui marche sur la tête.

Pour nos collectivités, le coût global des activités polluantes ne se chiffre pas uniquement en milliard d’euros et en milliers de décès anticipés : il se mesure aussi à l’appauvrissement qu’il faire subir à notre « vivre ensemble ». Aujourd’hui le cross des écoles, et demain ? Les responsables politiques locaux sont-ils prêts à publier la liste des activités menacées de disparition pour cause de pollution ?!

Les grenoblois-e-s ont le droit d’habiter dans une ville et une agglomération dont l’air ne nuise pas à leur santé. D’autres chemins sont possibles : EELV Grenoble va continuer à porter dans le cadre des travaux du PDU et dans tous les lieux de débats des solutions ambitieuses et innovantes pour enfin dire stop à la pollution.

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