Les écologistes auprès des salariés de Siemens

Intégralité de l’article Siemens: le site de production grenoblois a fermé ses portes par Gwendoline Beziau, publié dans le Dauphiné Libéré du 30 septembre 2012 :

Une page d’histoire s’est tournée définitivement vendredi sur le site grenoblois de Siemens, sur les rives de l’Isère. 90 ans après le lancement par Merlin Gerin de la première gamme de disjoncteurs haute tension isolés dans l’huile, le site de production ci fermé ses portes. Et les ouvriers ont rangé leurs caisses à outils, feuilletant au passage quelques albums : photos du temps où des centaines de personnes travaillaient là.

Si la fin de l’activité de montage de disjoncteurs haute tension avait été annoncée il y a deux ans par la direction et que la majorité des 337 salariés concernés par cette fermeture (sur les 800 du site) ont été reclassés, les employés n’en sont pas moins amers.

Pour Jean-Luc Pelissier, délégué CGT et secrétaire adjoint du comité d’entreprise (CE), «c’est un véritable gâchis social ». Lui en est persuadé : « Quand Siemens a racheté le site en 2005, il avait déjà tout planifié… Un rapport économique et social commandé par le CE sur le Plan de sauvegarde de l’emploi démontre d’ailleurs qu’il est ici question de licenciements boursiers et non de licenciements économiques. Alors que notre production devrait désormais être transférée en Chine, en Inde et en Allemagne, 70 personnes à Grenoble sont toujours sans perspective d’emploi. »

Du coup, certains élus s’interrogent, comme la députée iséroise Michelle Bonneton qui, avec d’autres élus d’Europe Écologie les Verts, a rencontré la direction ce vendredi, ainsi que des représentants syndicaux : « Toutes les solutions ont-elles vraiment été envisagées pour sauver l’emploi ? Pourquoi n’a-t-on pas cherché avec l’État à instaurer des mesures de chômage partiel qui auraient permis au personnel de se former et de mieux préparer sa reconversion ? »

Autant de questions qui soulèvent d’autres inquiétudes sur ce que certains salariés appellent déjà « le début de la fin » … Pour le conseiller général EELV Olivier Bertrand, le site grenoblois, qui ne compte donc plus aujourd’hui que trois activités (Recherche & Développement, centre d’affaires et maintenance), est « en sursis ». Selon lui, « le choix d’un modèle économique où la recherche n’est pas adossée à de la production n’augure rien de bon ».

Des arguments que Jacques Blanc, le directeur des projets de développement Siemens, rejette toutefois en bloc : « Il n’y a aucune raison pour que les autres activités s’arrêtent. La Recherche & développement est en pleine expansion et la proximité de la production n’est pas une nécessité absolue. » Quant au devenir des 70 « derniers » salariés, Jacques Blanc l’assure : « Notre objectif est le zéro départ subi et je pense que nous l’atteindrons. Dès lundi, ces salariés, qui font toujours partie de Siemens pendant encore un an, vont pouvoir bénéficier d’un dispositif de recherche d’emploi que nous avons mis en place et dans le cadre duquel ils seront accompagnés par dix personnes. » Combien retrouveront un travail ? Ce n’est qu’en septembre prochain qu’un bilan de ce projet de restructuration pourra être tiré. Définitif aussi celui-là.

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