Démocratie locale, à Grenoble c’est pour quand ?

Pour faire vivre la démocratie locale, il existe de nombreux outils qui permettent d’impliquer les habitants. Aujourd’hui, à Grenoble comme dans d’autres grandes collectivités, on constate pourtant une désaffectation citoyenne : les instances de concertations et autres conseils consultatifs de secteur (CCS) n’attirent pas grand monde.

Quand on interroge les habitants actifs, on comprend mieux pourquoi : ils ont l’impression que les réunions publiques servent avant tout à informer la population mais rarement à engager un réel débat sur un projet permettant de le faire évoluer en fonction des avis et des remarques exprimées.

Pourtant, pour réaliser des projets fonctionnels, adaptés aux besoins réels des habitants et acceptés part le plus grand nombre, l’expertise citoyenne est souvent indispensable.

Mais, cette forme de démocratie participative est avant tout une question de volonté politique: rien n’oblige une collectivité à tenir compte de l’avis des habitants. Quand elle fonctionne de manière intelligente, elle en tiendra compte et pourra même chercher à co-produire de nombreux projets avec tous ceux qui s’y intéressent. Quand elle est animée par des élus sûrs d’eux-mêmes et usés par le pouvoir, la démocratie locale se résume souvent à de la communication sur papier glacée et à des réunions où les habitants sont écoutés mais jamais entendus…

Nul besoin de faire le tour de tous les projets où la majorité municipale a voulu passer en force à Grenoble. On constatera tout de même, qu’à chaque fois, le résultat laisse à désirer : malgré l’alerte répétée des écologistes et les contre-projets proposés, le stade des Alpes est aujourd’hui trop grand, trop cher et vide. Malgré l’énorme communication auprès des habitants du quartier Jean Macé très critiques, les 11 tours « Schneider » sur les quais sont beaucoup plus denses et hautes que ce que laissaient penser les belles images abondamment diffusées…

En plus des outils de concertation et de consultation, il existe aussi des outils inscrits dans la loi permettant aux habitants de prendre des initiatives et même de décider eux-mêmes grâce aux pétitions, aux consultations et aux référendums locaux (voir Référendums locaux et droit de pétition : des outils de démocratie dite de proximité).

Certaines communes n’hésitent pas à utiliser ces outils. Dans l’agglomération grenobloise, Le Fontanil va y recourir pour un projet d’aménagement du centre ville : Le Fontanil-Cornillon prépare son référendum du 21 octobre.

En Suisse, la consultation des habitants est inscrite au cœur même du régime démocratique, même pour des petits projets d’urbanisme : Les Grottes rabotent la tour de moitié.

A Grenoble, on constate que, depuis 1995, jamais le Maire n’a cherché à réellement consulter les habitants. Heureusement, grâce à la possibilité offerte par la loi, un collectif d’habitant est en passe d’obtenir les 10 000 signatures obligeant le Maire à remettre le projet d’aménagement de l’Esplanade à l’ordre du jour du Conseil municipal. La majorité saura-t-elle comprendre que ce projet doit être revu ou cherchera-t-elle à tuer le débat en votant à nouveau pout un projet quasi-identique ? Elle a en tout cas là, une belle occasion de reprendre un projet bien mal engagé…

Europe Écologie les Verts de Grenoble propose que les outils de démocratie locale inscrits dans la loi soient plus souvent et mieux utilisés. Nous savons que ces outils peuvent aussi être détournés de leur fonction comme cela a été le cas avec la consultation organisée par le Conseil général sur l’ex projet de rocade Nord. Mais cette consultation était tellement bidon (car grossièrement orientée) qu’elle a été annulée par la justice… Pour le reste, il s’agit d’éthique dans l’exercice des responsabilités politiques.

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