Le sport business ne connait pas la crise… par Olivier Bertrand

Olivier Bertrand

Les écologistes ont mené un long combat pour s’opposer au projet de stade « trop grand, trop cher et mal placé » dans le parc Mistral (Voir à ce sujet les 2 articles sur ce site : ici et ici). On connait la situation actuelle : avec la rétrogradation du GF38 en CFA2, le stade est désespérément vide et pèse lourd dans les impôts des grenoblois. Manifestement, cette situation ne semble pas inquiéter le maire de Grenoble. Il déclare dans le Dauphiné Libéré en septembre 2011 : « si la Ville veut disposer de deux équipes – de foot et de rugby – à haut niveau, elle se doit de disposer de deux stades de qualité« . Et il indique travailler « à un nouveau stade Lesdiguère », le stade de Rugby de Grenoble avec les dirigeant du FCG. Suite à ces propos, j’ai interrogé à 2 reprises le Maire de Grenoble au nom de notre groupe en Conseil municipal de septembre et de novembre sur ce projet pour qu’il rende public le projet qu’il négocie en secret. Nous avons même fait une demande d’information écrite… pas de réponse… Il faudra attendre un reportage radio le 28 novembre pour en savoir plus.

Encore une fois, c’est par un média que les élus du Conseil municipal accèdent à une information qui aurait du être fournie par le Maire. Quand il s’agit de gros sous et de promotion immobilière, le Maire passe par dessus son Conseil et négocie directement avec les groupes financiers (dans ce cas, le reportage nous apprend que groupe Auchan est dans le coup). En écoutant distraitement le reportage on pourrait se dire que, finalement, si le FCG a les moyens d’agrandir le stade Lesdiguère pour le porter à 15000 places, pourquoi pas ? Mais évidemment, ce n’est pas si simple. Le journaliste indique bien que le club cherche à « se faire céder » les terrains attenants, en fait les terrains de l’ancien Grenoble Tennis aujourd’hui désaffectés et appartenant à la Ville. L’objectif inavoué par le Maire, comme le note le journaliste, est bien de permettre une « opération immobilière » : la ville céderait au FCG ou à une société créée pour l’occasion les terrains à un « prix d’ami » sur lequel une opération immobilière permettrait de « dégager de l’argent » pour financer 2 nouvelles tribunes dans le stade. Au final, la perte est pour la ville, les profits pour les promoteurs

Toute cette opération part du postulat qu’il faut 2 grands stades à Grenoble… Rappelons que même si le GF38 se met a attirer des spectateurs, il ne joue que tous les 15 jours dans le stade des Alpes. L’idée que ce stade puisse être mutualisé entre le GF38 et le FCG, au moins pour les matchs de rugby les plus importants, semble donc de bon sens. En tout cas, plus que celle consistant à dépenser des dizaines de millions dans l’agrandissement de Lesdiguères ! Mais voilà : l’Europe s’écroule, le premier ministre parle de « faillite » de la France, les impôts des grenoblois ont augmenté en flèche, le nombre de chômeurs et de précaires explose… mais il reste totalement inadmissible que 2 équipes de foot et de rugby jouent sur la même pelouse ! Trop de dégâts causés par les rugbymen parait-il… On croit rêver… Il est vraiment temps de mettre un terme à la folie des grandeurs du sport business. Dans la période que nous vivons, nous n’avons plus à subir les diktats des ligues professionnelles qui protègent les intérêts des grands groupes de sponsors.

Rappelons que la ville accorde chaque année des subventions aux clubs professionnels (seul notre groupe vote contre) et qu’elle met à disposition des stades publics. La moindre des choses serait de conditionner l’utilisation de ces aides publics à une mutualisation des moyens…

Par Olivier Bertrand

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