Un budget encore trop high tech et un PACS qui ne plaît pas !

Débat budgétaire en conseil municipal

La majorité argumente qu’elle n’a pas augmenté les taux d’imposition, et cela pour la deuxième année consécutive ! Après 9% d’augmentation en 2009, pour une des villes les plus chères fiscalement de France, est-ce vraiment une bonne nouvelle ? La majorité explique aussi que, finalement, si on amortissait la hausse d’imposition très forte de 2009 à un taux ramené par année, cela ne reviendrait qu’à 0,75% et donc moins que l’inflation constatée. Drôle de manière de voir les choses… pour ceux qui ont vécu une hausse de quelques centaines d’euros en une seule fois, et qui continuent de payer cet injuste tribut depuis 2 ans, avec toutes les difficultés de fin de mois des ménages les plus modestes en période de crise

Dans la présentation de l’adjoint aux finances, nous notons deux points de vrai clivage avec un projet écologiste et solidaire : le besoin de financer l’expérimentation de la vidéosurveillance, et le pari sur la croissance. Dans les jolies diapositives qui défilent sur l’écran, parmi les courbes du budget et les chiffres des investissements 2011, on apprend que la majorité escompte un retour de la croissance. Des années que celle-ci n’augmente plus, qu’il faut opter pour de nouveaux choix budgétaires et repenser nos modèles économiques, mais partout, de l’Etat aux collectivités, éluEs UMP ou socialistes, attendent la venue providentielle de la sainte croissance. Et cela justifie qu’une ville comme Grenoble finance parfois plus les investissements pour l’innovation technologique et les laboratoires privés que les services publics du quotidien.

Et tous de reprendre en cœur le refrain habituel de l’absolue nécessité de faire vivre l’économie. Philippe de Longevialle, ex-Modem, redit la priorité au développement économique et nous certifie qu’il n’y a pas de solidarité sans dynamisme économique. Il fait ainsi écho à la grande phrase du maire répétée sans cesse comme pour mieux se convaincre et nous convaincre : « la première des solidarités, c’est l’emploi ». L’importance du développement économique surpasse dans les mentalités de ces éluEs tout autre rôle de l’institution publique. Comme si l’institution ville devait être le premier acteur économique du territoire, non pas en tant qu’employeur dans le service public mais en tant que donatrice privilégiée de toutes les start-up grenobloises.

GO veut soutenir l’activité économique, la droite évidemment ne conteste que l’économie sociale et solidaire et demande toujours plus de sécuritaire. Le groupe PS veut faire croire que l’innovation créée par le CEA et toutes ses branches multiformes (pôles de compétitivité, incubateurs, laboratoires, start-up) va fournir de l’emploi aux jeunes des quartiers. Ils oublient que l’activité économique soutenue par des millions d’euros d’aides publiques de la ville de Grenoble, peut attirer les chercheurs et les ingénieurs de France et du monde entier, mais ne crée quasiment aucun autre type d’emploi.

Notre groupe aurait souhaité beaucoup plus d’investissement mis dans les quartiers en terme de présence humaine, et moins d’euros pour les pépinières high tech du Polygone. Surtout nous contesterons sans relâche l’investissement pour la vidéo-surveillance, gouffre financier qui a prouvé son inefficacité mais rapporte à certains. Gros bénéfices en vue pour les milieux d’affaires de la vidéo-surveillance, et pas de changements dans les quartiers, car la vidéo-surveillance n’a jamais prévenu un acte de délinquance, n’a jamais créé de lien social, et n’a jamais apporté de réconfort là où la crise provoque désespoir et violence. Les villes de gauche se sentent obligées de suivre l’Etat sarkozyste, et comme sur d’autres sujets, ne savent pas résister suffisamment à un modèle libéral et sécuritaire qu’elles dénoncent tout en le confortant.

Nous regretterons surtout que la ville n’ait pas fait le choix de sortir une bonne fois pour toutes le CCAS de ses difficultés budgétaires. En laissant les déficits s’accumuler, et en gérant la situation par petits cataplasmes ponctuels d’argent, la situation s’enlise. Ce dont le CCAS a besoin, c’est d’une remise à plat rigoureuse et suffisante de son budget, pour repartir avec des bases financière saines et ne pas se démener avec des complexités budgétaires alors que le chantier social est si important. Si une structure issue de la ville, a une utilité incontestable aujourd’hui à Grenoble, c’est bien le CCAS.

Célébration des PACS en mairie : ENFIN !!!

Nous l’avions demandé et redemandé, nous avions fait un vœu, rappelé que le PACS se célèbre en mairie dans de nombreuses villes depuis des années, permettant ainsi à chacun de fêter avec solennité son union, quelque soit ses préférences sexuelles. Le mariage étant encore trop restrictif sur le plan national, la célébration du PACS en mairie permet de pallier ce manque d’égalité entre les citoyens. Depuis mars 2008, nous savions que le sujet secouait fortement la majorité hétéroclite de cette mairie. Lundi 20 au soir, lors du Conseil Municipal, la délibération est pourtant proposée au vote. Nous sommes très contents de cette victoire face aux conservatismes et préjugés encore vivaces dans nos sociétés. Mais nous avons eu l’illustration malheureuse que les blocages les plus forts étaient présents surtout dans la majorité. Les langues se sont déliées, et de Philippe de Longevialle, qui considère que c’est trop demander aux adjoints de faire ça en plus de leurs emplois du temps déjà trop chargés, à Eléonore Perrier qui s’agace du non respect des valeurs républicaines, l’ambiance était à couteaux tirés sur le sujet du PACS. La droite, à travers Matthieu Chamussy, se dit sensible aux arguments de De Longevialle et Perrier, et ne participera pas au vote. L’éluE MRC votera contre et aura cette phrase étonnante à propos de la « dévalorisation du rôle d’officier d’état civil » quand un adjoint célèbrera un PACS. Heureusement que Morad Bachir-Chérif a parlé de progrès sociétal, car à écouter certains arguments, notre groupe était très dubitatif au sujet des convictions progressistes de cette majorité qui se dit de gauche…

Un bémol sur cette délibération cependant : les demandes de mariage seront prioritaires sur celles de Pacs, en période de belle saison, car il y a déjà des listes d’attente pour les mariages. Nous ne nions pas les problèmes techniques, mais cette discrimination ne peut pas être entendue. Cette entorse à l’égalité de traitement nous a conduit à voter contre le deuxième alinéa, et à suggérer que d’autres solutions soient trouvées.

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