Vidéosurveillance : l’instrumentalisation d’un drame ne remplacera pas un débat serein

Les Verts de Grenoble expriment leur vive émotion suite à l’agression extrêmement violente d’un jeune homme, dans la nuit de vendredi à samedi, place Grenette à Grenoble.

Les Verts de Grenoble expriment également leur rejet de l’exploitation politique de ce drame. La venue à Grenoble du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, était inutile sur le plan juridique ou technique et la présence de caméras de télévision pour l’interpellation d’un des suspects n’était certainement pas le fruit du hasard (1).

Encore plus grave, les Verts de Grenoble s’inquiètent de la récupération de ce fait divers pour la promotion du développement de la vidéosurveillance. Une caméra de tramway aurait donc permis d’identifier une partie des agresseurs. Lors d’un point presse à la préfecture de l’Isère, ce jour, le ministre de l’intérieur, a instrumentalisé ce cas particulier pour en tirer des généralités et justifier le plan gouvernemental de développement massif de la vidéo-surveillance. Rappelons en effet que le gouvernement Sarkozy veut tripler en un an le nombre de caméras de surveillance installées sur la voie publique en France. Objectif : passer de 20 000 à 60 000 caméras avant la fin 2011 (2).

Les Verts de Grenoble rappellent leur hostilité à un tel développement de la vidéosurveillance, que la municipalité Destot compte aussi expérimenter à Grenoble. Aucune étude n’a jamais prouvé l’efficacité de ces dispositifs vidéos par ailleurs très coûteux. Les constats sur le terrain marquent souvent un seul déplacement des délits et agressions et non pas une diminution. Les britanniques eux-mêmes, avec plus de 4 millions de caméras installées, reconnaissent leur inefficacité et regrettent les sommes astronomiques qu’ils ont investies.

Quoiqu’il en soit le débat sur la pertinence des systèmes de vidéosurveillance pose de vraies questions sociales et éthiques. Il doit donc avoir lieu de façon sereine et dépassionnée à Grenoble comme en France, et non par l’instrumentalisation de faits divers, si condamnables soient-ils.

Pour les Verts de Grenoble,

Thierry Chastagner et Xavier Robichon, co-présidents

(1) [http://www.itele.fr/video.php?vid=334115->http://www.itele.fr/video.php?vid=334115]

(2) [http://www.interieur.gouv.fr/sections/le_ministre/interventions/debat-videoprotection->http://www.interieur.gouv.fr/sections/le_ministre/interventions/debat-videoprotection]

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