Michel Destot à Copenhague : »faites ce que je dis, pas ce que je fais »

Dans le cadre de la présidence de l’Association des Maires de Grandes Villes de France, le maire de Grenoble était à Copenhague le 9 décembre 2009 pour participer à la conférence internationale sur le climat.

« {Parce que les collectivités territoriales demeurent au plus près des concitoyens, des lieux de vie, d’échange, de partage, de lien social, elles agissent quotidiennement et sont des moteurs pour promouvoir en profondeur de nouveaux comportements, comme le souligne le maire de Grenoble . Leur rôle sera donc essentiel pour atteindre des objectifs de réduction de gaz à effet de serre compatibles avec des changements climatiques supportables.} »

Dans une déclaration commune publiée le 1er décembre 2009 (disponible à ce lien : [http://www.afccre.org/fr/http://www.afccre.org/fr/article.asp?id=3693->http://www.afccre.org/fr/http://www.afccre.org/fr/article.asp?id=3693]), les collectivités territoriales se sont par ailleurs accordées pour :

« {1. Soutenir la définition d’accords de grande portée et transparents, avec des objectifs ambitieux, clairs et contraignants juridiquement.
2. Etre attentifs aux principes de justice, d’équité et de solidarité en faveur des plus démunis.
3. Lier l’action sur le climat aux stratégies de développement tout en œuvrant pour:
– la promotion de la sobriété énergétique et des énergies renouvelables ;
– la maîtrise de l’urbanisme et la diversification de l’offre de transports publics ;
– la préservation des ressources naturelles et la protection de la biodiversité ;
– la conjugaison « environnement et santé » ;
– la conduite de politiques locales et territoriales écologiquement responsables.} »

Les Verts souhaitent vivement, avec les représentants des collectivités territoriales, que les gouvernements parviennent à un accord et que cet accord reconnaisse le rôle des collectivités territoriales.

Pourtant, les Verts grenoblois s’interrogent sur la cohérence des discours du maire de Grenoble. D’un côté, en tant que président de l’Association des Maires de Grandes Villes de France, il cosigne une texte qui prône une maîtrise de l’urbanisme et une diversification de l’offre de transports publics ; et de l’autre, en tant que maire de Grenoble, promeut un projet d’autoroute urbaine dit « rocade Nord de Grenoble ». Est-ce conduire une politique écologiquement responsable que de promouvoir un tel projet autoroutier ?

Les études les plus optimistes du Conseil général (contestées à juste titre par l’ASCOPARG) prévoient un gain carbone du projet tellement faible qu’il ne permettrait une compensation de la réalisation de l’ouvrage qu’au bout de 30 ans seulement ! Si tous les projets d’urbanisme avaient un tel bilan carbone, la France serait très loin d’atteindre les objectifs fixés par la communauté scientifique pour Copenhague : à savoir une réduction de 40% des émissions de GES à l’horizon 2020 par rapport à 1990.

Pourtant, avec le milliard d’euros que coûterait la rocade Nord, il serait possible de développer massivement les transports en commun (tram, bus, ter …) et les modes doux (grand service public de vélo), et de faire évidemment beaucoup mieux en terme de bilan carbone. Dire que l’on peut faire les deux est un gros mensonge : l’argent public n’est pas multipliable à volonté, surtout dans la période de crise économique et sociale que nous traversons.

Interrogatif sur la sincérité de cette visite, les Verts de Grenoble espèrent que ce passage à Copenhague permettra au maire de Grenoble de concrétiser l’engagement de sa majorité à relever le défi du changement climatique en permettant enfin au conseil municipal de Grenoble de se positionner CONTRE le projet de rocade Nord.

Les Verts de Grenoble

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