Les nanotechnologies : entre scientisme et productivisme

{{Le dialogue entre science et société au fondement de la démocratie écologiste}}

Les Verts se félicitent de l’organisation d’un débat public national sur la problématique des nanotechnologies. Mais ce débat national est un premier pas, encore trop modeste. En effet, Les Verts regrettent la méthode du fait accompli, appliquée cette fois au sujet des nanotechnologies : les citoyens sont invités à débattre {a posteriori} de décisions publiques déjà prises : la présence de nano-particules sur le marché dans des produits de la vie courante, l’expérimentation clinique sur humains d’implantations (comme à Clinatec), l’absence de règlementations…

La suspension du débat du 1er décembre à Grenoble est le résultat malheureux de cette méthode. Ce débat intervient tardivement et en aval de décisions déjà actées comme le lancement de projet de recherche (type Minatec 1 et 2) ou la mise en place de pôle de compétitivité (Minalogic).

Pour les Verts, il est donc impératif que l’ensemble des graves questions législatives, éthiques, économiques, sanitaires et environnementales que posent la banalisation des nanotechnologies soient exposées et débattues en toute transparence et dans la sérénité avec l’ensemble des citoyens.

Les Verts déplorent donc que l’explosion des financements publics et privés ciblés sur le développement des nanotechnologies se soit fait jusqu’alors sans réelle réflexion sur leur intérêt sociétal ou sur les risques afférents en matière d’éthique et de libertés. De même, la mise sur le marché de centaines de produits intégrant des nanos-objets se fait en contradiction manifeste avec le principe de précaution, pourtant inscrit dans la charte de l’environnement de la Constitution.

En matière de nanotechnologies, les Verts préconisent :

– l’instauration de débats publics récurrents, bien en amont des décisions, pour éclairer les élus et permettre aux citoyens de s’emparer réellement des problématiques ;

– l’instauration d’un moratoire sur la commercialisation de produits contenant des nanoparticules suivi de la mise en place d’un règlement de type « REACH 2 » ou au moins d’une autorisation européenne de mise sur le marché des nano-produits ;

– une suspension des investissements publics massifs (collectivités, Etat) au profit de grands groupes industriels et des développements militaires, jusqu’à ce qu’une stratégie européenne de recherche et de production soit définie et mise en place.

– un partage à égalité des financements de recherche entre les développements technologiques d’une part et les études sanitaires, environnementales et sociales qui leur sont liées d’autre part

Attachés au dialogue permanent entre science et société et au développement des connaissances dans tous les domaines, les Verts suivront de très près l’usage qui sera fait des recommandations issues de ce débat public, notamment en termes d’édiction de normes sanitaires et de choix de financements publics.

Les Verts, en rupture avec la logique productiviste et scientiste, soutiennent le développement des connaissances, mais l’inscrivent dans le cadre d’un dialogue permanent entre science et société et de l’application du Principe de précaution, ont réalisé un cahier d’acteur pour apporter leur contribution à ce débat.

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