Le gigantisme architectural part en fumée

Le 9 février 2009, les Chinois marquaient la fin des vacances du Nouvel an lunaire avec des feux d’artifice. A Pékin, c’est l’incendie de la tour annexe du siège de la télévision nationale chinoise qui devait marquer les esprits.

L’édifice, conçu en 2002 par l’architecte néerlandais Rem Koolhaas et d’une hauteur de 159 mètres, comprenait un hôtel, un théâtre, des salles de cinéma et des studios d’enregistrement. Le bâtiment principal de la télévision centrale chinoise (CCTV), une arche de métal et de verre qui culmine à 234 m, est devenu l’une des nouvelles icônes architecturales de Pékin.

Comme un signe avant-coureur de la fin d’une architecture du gigantisme, d’autres édifices ne verront pas le jour : pour des raisons d’ordre plus prosaïque, certes. Ainsi le projet de la tour Trump qui devait s’élever sur une île artificielle au large de Dubaï est suspendue faute de financements. Plus près de nous, les tours programmées pour redynamiser le quartier de La Défense à Paris sont reportées {sine die}.

La liste est longue de ces projets d’urbanisme aujourd’hui remisés. On invoquera des raisons économiques, mais pour notre part, nous voulons y voir la fin d’une conception de l’urbanisme en contradiction avec son époque. Les aspects sociaux et environnementaux sont généralement absents de ces projets : leur gigantisme dépasse le caractère humain d’un lieu de vie, de même que l’installation de panneaux solaires ou une végétalisation artificielle ne signent pas la réconciliation avec le milieu naturel. Aussi la conversion écologique de l’architecture est nécessaire.

Les données de cette architecture sont connues depuis longtemps. En se réapproppriant certaines techniques anciennes et en les combinant avec les apports de la science moderne, les architectes ont en main les atouts pour concevoir des habitats, des quartiers, des villages qui conjuguent toutes les qualités d’un urbanisme écologique :
– un espace à échelle humaine ;
– une densité importante pour limiter l’étalement ;
– une économie d’énergie à la construction et à l’usage ;
– un espace d’échanges sociaux…

Une attention aux enjeux environnementaux et une aisance matérielle ne sont plus des conditions indispensable pour entreprendre ce genre de construction. Le logement collectif se prête particulièrement bien à cette conception de l’habitat. Ainsi, avec un retard conséquent par rapport à nos voisins européens, des projets d’immeubles collectifs ou d’autopromotion voient doucement le jour en France : construire à plusieurs, en choisissant le terrain, en décidant des matériaux, en concevant les géométries. Bref, en choisissant tout.

Nés de la volonté de citoyens souhaitant trouver un mode de vie écologique et solidaire, ces projets connaissent malheureusement des difficultés de mise oeuvre légale. Ils se heurtent aussi au manque de formation des artisans et à la force des habitudes de construction.

Il faut donc faciliter les démarches de ceux qui souhaitent entreprendre ces habitats collectifs notamment par la mise à disposition de terrains et inciter les artisans à suivre les formations à ces techniques de construction écologique.

Alors chiche, à quand un quartier en construction solidaire à Grenoble ?

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