Décloisonner les cultures

{{Grenoble est une ville forte de ses cultures. Certaines politiques mises en place dans les années 70 et confirmées depuis sont une réelle réussite. Le réseau des bibliothèques de quartier, notamment, est plébiscité par une part toujours plus importante de la population. }}

Mais, plus généralement, la politique culturelle de la ville a besoin d’un bon coup d’air frais. Dans certains domaines comme le spectacle vivant ou la musique, elle a très peu évolué depuis 25 ans. Il ne faut d’ailleurs pas se cacher derrière son petit doigt : 80% de la population ne fréquente jamais les équipements culturels (hors bibliothèques). Il est donc absolument nécessaire de mettre en place une nouvelle politique visant à intéresser un large public.

La politique culturelle ne peut plus se construire qu’autour de grands équipements. {{Elle doit avant tout s’intéresser à toutes les formes culturelles :}}

– {{Les pratiques amateurs}} : énormément de grenoblois pratiquent une activité culturelle : théâtre, musique, danse… Les lieux de pratiques se font de plus en plus rares et de plus en plus chers. Cette partie immergée de l’iceberg ne doit plus être négligée.

– {{Les pratiques émergeantes et alternatives}} : plusieurs projets intéressants ont vu le jour ces dernières années : sans soutien de la Mairie, ils n’ont pas pu se concrétiser. Sur la friche Bouchayer-Viallet, un lieu convivial réellement intéressant qui aurait pu, entre autre, pallier la fermeture de l’Entrepôt (ex-salle bien connu du quartier Berriat) n’a pas été soutenu.

– {{Les musiques actuelles}} n’ont toujours pas de salle même si il faut saluer la décision d’en construire enfin une sur Bouchayer. Actuellement Grenoble reste sur le bord du chemin de très nombreuses tournées de groupes et chanteurs qui évitent notre ville faute de lieu d’accueil pour 400 à 800 spectateurs. Cette décision tardive dénote surtout un manque de considération pour les cultures populaires et festives dans une ville qui compte pourtant plus de 20 000 étudiants et bien sur, encore plus de jeunes.

Une nouvelle politique culturelle passe donc, avant tout, par la fin du cloisonnement entre la culture dite « solidaire » et la culture élitiste, cloisonnement concrètement mis en évidence par la municipalité actuelle qui comprend 2 adjoints : un adjoint à la culture… et un adjoint à la culture solidaire ! Comme si certaines cultures se devaient d’être solidaires et d’autres de seulement célébrer l’Art… Cette manière de hiérarchiser les cultures correspond à une vision conservatrice : un objectif social pour les cultures populaires et le beau, l’excellence pour les cultures élitistes. C’est bien sur maintenant les 2 objectifs qui doivent être visés simultanément : une culture qui s’inscrit dans la vie de la cité en restant exigeante d’un point de vu qualitatif.

{{Avec le rassemblement « Grenoble Ville ouVerte » nous souhaitons donc proposer une nouvelle politique culturelle qui fasse moins de place au rayonnement et à la communication mais qui s’intéresse plus aux pratiques et à la diffusion de la culture auprès d’un maximum de grenoblois.}}

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